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Croisière à bord du Belem

08/11/2012

Stage-croisière sur le Belem : une belle expérience !

De Lorient à l'île d'Aix, nous avons découvert la voile à l'ancienne pendant trois jours de septembre 2012. L'équipage de seize marins ne peut pas mener le trois mâts-barque de 51m de long sans l'aide des stagiaires, au nombre de quarante deux. L'accueil chaleureux et les conditions météo sont de bon augure.
La coque en acier recèle de magnifiques boiseries et des cuivres que nous participerons à entretenir, certes modestement. Mais ce qui frappe surtout, ce sont les innombrables cordages, plus de 4,5 kilomètres nous dit-on. La première leçon, suivie dans le carré, nous submerge de termes presque tous inconnus qui nous font craindre d'être inefficaces à la première manœuvre. Mais non, les directives de l'équipage ont toujours permis d'établir les * 30 *,quinze ou seize voiles, d'orienter les vergues et de border les écoutes.
Les quarts et tours de service furent organisés. La première journée fut passée en vue de Belle- Ile sous faible brise, toutes voiles dessus. Après un beau coucher de soleil, sans rayon vert, le vent de Nord n'est venu qu'en milieu de nuit. Il a fallu réduire un peu la toile alors que le Belem filait à 9 nœuds sans malmener les équipiers au repos, calés dans leurs bannettes. Malheureusement, il a rapidement tourné à l'est alors que l'objectif était de viser l'île d'Yeu. Le capitaine a donc choisi de nous faire naviguer à 80 milles au large. En serrant le vent par force 4 à 5, on progresse à 70-80 degrés du vent à la vitesse de 4 à 5 nœuds. l'expression " tirer des bords carrés " prend alors tout son sens ! Cela rappelle que ces bateaux de marine marchande faisaient des circuits au vent portant et en tirant parti des courants. Nous avons donc fait des allers-retours nord-sud pour profiter de la jolie brise et constater que le virement vent devant (on ne dit pas vent debout !) dure quasiment une heure vu le nombre de cargues et écoutes à larguer et à brasser par tout l'équipage réuni.
Puis au début de la deuxième nuit, il a fallu se rendre à l'évidence : le vent d'est ne permettait pas d'atteindre l'objectif sous voile, d'autant plus qu'il faiblissait. On allait donc atteindre le sud de l'île d'Aix au moteur, par un temps couvert, en compagnie de la Recouvrance qui croisait dans les parages.
Marie-José est montée dans la mature jusqu'à la première vergue, les plus valeureux sont allés carguer les voiles des dernières vergues, histoire de découvrir l'immensité de l'Atlantique.
Deux séances de projection ont entrecoupé le suivi de la navigation, d'une part pour rappeler l'histoire du Belem, bâtiment désormais classé au patrimoine historique, et d'autre part pour nous fournir des détails sur les particularités de son gréement . Son entretien suivant les techniques d'antan occupe cinq membres d'équipage permanents en hiver.
Bref, un stage où nous avons bénéficié d'un excellent état d'esprit, favorisé par un équipage désireux de faire partager ses connaissances et attentionné ; une expérience que nous ne pouvons que vous recommander.

Marie-José et Jean-Michel Wantz, Maryvonne Dejeammes